L’église catholique première ONG de développement en Afrique !
Fonds Commun Reflets Comtois été 2009
Depuis son arrivée sur le continent, l’église au travers de ses missionnaires européens, outre la volonté de d’annoncer massivement Jésus-Christ ressuscité, a immédiatement mis en application la pensée sociale et humaine de l’évangile. Chaque congrégation missionnaire, chaque prêtre ou laïc missionnaire est venu appuyer par des actions de développement la santé, l’éducation et la promotion humaine.
L’église a beaucoup travaillé pour installer, partout où cela était possible, une culture consciente avec des écoles et des universités, respectant le principe évangélique de l’attention et du secours porté aux plus pauvres.
Nombre de dispensaires, de projets agricoles, de caisses villageoises de micro crédit sont nés de l’intuition et de l’initiative des communautés chrétiennes. Le CCFD l’a bien compris en prônant « le développement de tout homme et de tous les hommes ». Une règle dictait les actions envers les populations chrétiennes ou non confessionnelles : accompagner, servir et défendre.
L’engagement sur le terrain des acteurs pastoraux pour le développement (pour mémoire en 2008, 2181 missionnaires français sont en Afrique. Les plus nombreux sont au Cameroun (281) et seulement 5 en Angola) n’aurait pas été possible depuis toutes ces années sans des appuis financiers. Les sommes versées par les institutionnels via les programmes d’aide au développement amenés par les états sont certes importants mis bien loin derrière les fonds privés des ONG (organisations non gouvernementales) ou des églises.
Les Œuvres Pontificales Missionnaires internationales, par exemple, apportent chaque année un soutien important à l’Église en Afrique pour les projets de développement (55% des aides globales distribuées soitr 80 millions d’Euros). Cette aide provient d’un partage entre toutes les Églises du monde.
L’aide est aussi en direction des diocèses pour la propagation de la foi (entretien de lieux de culte et la formation des séminaristes). En 2008 « l’Aide au Eglises d’Afrique » a versé 4200 euros à chaque diocèse grâce à la quête de l’épiphanie
En Afrique de très nombreuses ONG sont présentes directement ou indirectement par l’appui financier à des projets et par la présence de volontaires. A souligner en 2009 le 50° anniversaire du SCD (Service de coopération au Développement) , né à Lyon à la suite de « fidéi donum » ,précurseur du laïcat missionnaire repris ensuite par la DCC (Délégation Catholique à la Coopération) . Chaque année quelque 2.000 volontaires du CLONG ( 24 associations d’envoi) partent de France dans les pays du sud dont plus de la moitié en Afrique.
Si toutes les ONG présentent en Afrique ne sont pas confessionnelles, elles sont toutes inspirées des valeurs chrétiennes d’un « faire ensemble pour le mieux être des populations ».
Dans notre diocèse nous avons tous été déjà en lien avec une ONG, un prêtre ou un volontaire en Afrique. Nous avons tous été informé et sensibilisé aux collectes du CCFD, du secours Catholique ou de la Semaine Missionnaire Mondiale. Nous sommes tous acteur à notre niveau du développement du continent africain là où nous sommes. Nous avons parfois du mal à imaginer concrètement les résultats.
Nous avons en tête des programmes nés en Afrique noire francophone (Sénégal, Burkina Faso, Cameroun) mais il ne faut pas oublier que l’Afrique est constituée de 58 états indépendants aussi divers que l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Soudan ou la Namibie.
Nous pourrons profiter des appels lancés lors du prochain Synode africain pour capitaliser ces aides diverses.
Il serait bon de pouvoir se remettre en lien avec les communautés chrétiennes que nous avons contribué à faire grandir dans la foi avec la construction de lieu de cultes décents (chapelle, église, cathédrale...).
L’intuition de l’Eglise de faire grandir les hommes en conciliant l’annonce de la parole de Jésus Christ avec un enseignement scolaire suffisant pour prendre des responsabilités et devenir acteur de son propre développement montre, s’il en est besoin sur le continent africain sa pertinence.
Oui l’Eglise est bien la première ONG de développement et les efforts, dans le contexte actuel de tension et de précarité, sont à maintenir. N’avons nous pas retenu cet adage « un chrétien isolé est un chrétien en danger... »
Par Gérard Marion
