Beaux textes
Textes de réflexion et méditations.
Je te connais ...
Mon enfant, je désire voir du fond de ta misère, monter l'amour. J'aime en toi jusqu'à ta faiblesse, j'aime l'amour des pauvres, c'est le chant de ton coeur qui m'importe. Qu'ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Je t'ai créé par amour et pour l'amour. Aime, l'amour te fera faire tout le reste sans même que tu y penses, ne cherche qu'à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd'hui, je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, moi le Seigneur des seigneurs, je frappe doucement et j'attends, hâte toi de m'ouvrir, et n'invoque pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser, ce serait de te voir douter de mon amour pour toi.
Pense à moi à chaque instant de ta vie, et ne pose pas l'action la plus insignifiante, pour un autre motif que l'amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force, tu m'as donné l'amour, je te donnerai d'aimer au delà de ce que tu as pu rêver. Mais souvient toi, aime moi tel que tu es, n'attends pas d'être un saint pour te livrer à l'amour, sinon, tu n'aimeras jamais.
C'est moi l'artiste
C'est moi l'artiste, dit Dieu
Tu es mon vase d'argile ! C'est moi qui t'ai modelé, façonné
Une merveille Au creux de ma main
Tu n’es pas encore achevé Tu es en train de prendre la "forme" de mon Fils.
Voici que tu te désoles et que tu désespères
Parce que tu as pris quelques fêlures au contact des autres.
Tu t'es heurté, tu as été ébréché
Tu as même pu tomber par terre Te briser et tomber en mille morceaux
Fêlures, éraflures, lézardes, brisures, cassures, ratures...
N'oublie pas, c'est ta condition de vase.
Si je t'avais rangé dans un placard à vaisselle
tu ne connaîtrais pas ces heurts de la vie
Mais tu ne servirais à rien ni à personne Tu serais un vase inutile !
Moi, dit Dieu, j'aime les vieux vases, un peu usés, un peu ébréchés.
Ils ont toute une histoire ! et toi, tu voudrais être lisse comme un nouveau-né ?
Je te connais, ô toi que j'ai façonné, pétri avec tant d'amour
Je ne voudrais pas que tu te désoles de tes ratées
Tu es fait de boue et de lumière Tu es fait pour servir !
A ne regarder que tes failles, tes faiblesses et tes chutes
Tu te centres encore trop sur toi-même
Et tu restes prisonnier de tes failles !
C'est moi l'Artiste et je m'y connais dans l'art de reprendre un vase.
Laisse-toi faire !
Avec mes doigts d’artiste, j'arrive toujours à rendre plus beau ce qui n'était que fêlure, brisure, cassure.
Je suis l’Esprit Créateur, ne l'oublie pas. Je crée ! Je mets la vie ! Je donne le souffle !
Je suis l’Artiste ! C'est moi qui moule, qui pétris, qui donne la "forme"
Toi, mon vase d'argile, Viens te glisser au creux de mes mains paternelles et maternelles
Laisse-toi pétrir entre mes doigts d'artiste.
Abandonne-toi longuement à mon travail de potier.
Expose-moi tes fêlures, tes brisures, tes cassures ! J'aime faire du neuf, j'aime te regarder
Voici que je te réchauffe, ô toi mon argile
A force de te pétrir, je te communique ma chaleur, ma sueur,
mon souffle, mon intimité, ma chaude tendresse.
C'est moi l'Artiste Viens et n'aie plus peur
Chaque fois que tu retombes dans ces fautes que tu ne voudrais pas commettre
Je te dis : Le pardon est là !
Viens et continuons ensemble
J’aime te regarder, voir les efforts que tu fais et tout le mal que tu te donnes.
J'en éprouve grande joie et tu réjouis mon cœur
Je vois combien tu te transformes.
A l'abri de tes regards Je te modèle
A l'image du Fils bien-Aimé
Tout ce que je te demande
C'est de venir toujours et à nouveau Après chaque chute
Entre mes mains Pour me donner la joie de te remodeler.
Allons, n'aie pas peur
C'est moi l'Artiste
La vie d’un homme ressemble à une bougie
Je suis une bougie...
Tu m'as allumée et tu regardes ma lumière.
Tu rêves, tu penses, tu es heureux de me voir.
Moi, en tout cas, je me réjouis d'être allumée.
Car si, Je ne brûlais pas, je serais dans une boîte enfermée,
je n'aurais pas de sens, pas de rôles dans une vie.
Je n'existe vraiment que quand brille ma lumière.
Mais depuis que ma lumière rayonne, en brûlant j'ai rapetissé.
C'est dommage, je m’use, et bientôt, je ne serais plus qu'un petit lumignon.
Mais je suis tellement heureuse de servir, d'être utile
Je n'ai qu’une vie, je la vis à fond.
Je ne regrette pas de brûler, même si, un jour, je m'éteins.
Tous, nous n'avons qu’une vie comme la bougie.
Autant la vivre en brûlant qu'enfermé dans une boîte, par peur des coups du vent, des critiques ou de l'usure.
Si nous brûlons, nous remplissons notre tâche.
Les gens se réjouissent de notre présence et nous sommes heureux.
N'ayons pas peur, si, en brûlant, on devient plus petit, c'est seulement de l’extérieur
Car de l'intérieur, nous serons de plus en plus heureux, de plus en plus grands. Donnez votre joie, votre affection, votre temps.
Ne les gardez pas pour vous seul
La vie en boîte, C'est tellement triste.
La vie donnée, c'est tellement beau qu'on ressemble à Dieu !
Vite une bougie, qu'on voie clair
Que notre vie soit lumière pour tous.
"Des pas sur le sable"
Du poète brésilien Ademar De Barros
Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.
J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque scène de ma vie, il y avait deux paires de traces sur le sable:L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.
Ainsi nous continuions à marcher, jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
J’ai remarqué qu’en certains endroits, il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes, et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie, les jours de plus grande angoisse, de plus grande peuret aussi de plus grande douleur.
Je l’ai donc interrogé : " Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie et j’ai accepté de vivre avec Toi. Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie, il n’y avait qu’une seule trace de pas. Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. " Et le Seigneur répondit : " Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné,pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable, ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien:c’était moi qui te portais. "
Dieu seul peut donner la foi
Dieu seul peut donner la foi
Mais tu peux donner ton témoignage
Dieu seul peut donner l’espérance
mais tu peux rendre la confiance à tes frères,
Dieu seul peut donner l'amour
mais tu peux apprendre aux autres à aimer
Dieu seul peut donner la paix
mais tu peux semer l’union
Dieu seul peut donner la force
mais tu peux soutenir un décourage, Dieu seul est le chemin mais tu peux l’indiquer aux autre Dieu seul est la lumière mais tu peux la faire briller aux yeux de tous. Dieu seul est la vie
mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre
Dieu seul peut faire ce qui parait impossible
mais tu pourras faire le possible Dieu seul se suffit à lui-même Mais il préfère compter sur toi...
Pour changer le monde
Changer son coeur
Un sourire complice, C'est tout de même mieux qu'une vilaine grimace.
Un pain partagé, C'est tout de même mieux Qu'une porte fermée.
Un mot de tendresse, C'est tout de même mieux Qu'une insulte grossière.
Un chagrin consolé, C'est tout de même mieux Qu’une froide Indifférence.
Une présence silencieuse, C'est tout de même mieux Qu'un regard vide.
Un espoir confond, C'est tout de même mieux qu’une agitation stérile.
Parcourir ensemble un bout de chemin,
C'est tout de même mieux qu’aller chacun de son côté.
Echanger quelques mots, même s’ils sont d'affrontement,
C'est tout de même mieux Qu’entretenir l'ignorance.
Tendre la main Par-dessus les frontières,
C'est tout de même mieux Que fabriquer des bombes.
Pour changer le monde...Tous les moyens ne sont pas bons. Pour changer le monde...
je connais un moyen : Changer son cœur...
AIMER, c’est vouloir le bonheur de l’autre
L'amour n'est jamais contrainte. Il est joie, liberté, force.
Et c est l'amour qui tue l'angoisse.
Là où l'amour manque ,naissent la peur et l'ennui.
L'amour est emportement. L'amour est enthousiasme. L'amour est risque.
N'aiment et ne sont pas aimés ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments.
L'amour est générosité, l’amour est prodigalité, l'amour est échange.
Qui donne beaucoup, reçoit beaucoup en fin de compte.
Car nous possédons ce que nous donnons. Aimer ce n'est pas mutiler l'autre, le dominer, mais c’est l'accompagner dans sa course, l'aider.
Savoir accepter l'autre tel qu'il est. Etre joyeux du bonheur de l’autre.
L'aimer dans sa totalité : pour ce qu'il est, laideur et beauté, défauts et qualités.
Voilà les conditions de l'amour, de l'entente.
Car l'amour est vertu d'indulgence, de pardon et de respect de l'autre.
Martin Gray
L'agenda de Dieu
Mon agenda, dit Dieu
« Les hommes sont fous », dit Dieu.
« Ils veulent gagner toujours plus de temps. Ils veulent posséder le temps. Ils ne savent plus que dire "Ne gaspille pas ton temps Pauvres hommes qui n'ont pas compris qu'on peut perdre son temps à vouloir le gagner.
Quand je les vois le pied sur l'accélérateur et l'œil rivé au cadran de la montre, je me dis, moi Dieu, que le temps de vivre est en folie car il est trop rempli d'événements et d'énervements, de bavardages et de remue-ménage, d'agitation et de précipitation.
Pauvres hommes, passés trop vite du cadran solaire au chronomètre Ils maîtrisent de mieux en mieux le temps mais ils n'en connaissent plus le mystère.
« C'est décidé, dit Dieu, .je vais leur offrir mon agenda, pour que, du plus grand au plus petit, ils découvrent enfin que seul le temps passé à aimer est du temps gagné. »
Philippe Perdrix.
Le jour de l'homme
Je crois, oui je crois qu'un jour, Ton jour, ô mon Dieu, je m'avancerai vers Toi avec mes pas titubants, avec toutes mes larmes dans mes mains, et ce cœur merveilleux que tu nous as donné, ce cœur trop grand pour nous puisqu'il est fait pour Toi...
Un jour je viendrai, et tu liras sur mon visage toute la détresse, tous les combats, tous les échecs des chemins de la liberté. Et tu verras tout mon péché.
Mais je sais, ô mon Dieu, que ce n'est pas grave le péché, quand on est devant Toi.
Car c'est devant les hommes que l'on est humilié. Mais devant Toi, c'est merveilleux d'être si pauvre, puisqu'on est tant aimé !
Uni jour, ton jour, ô mon Dieu je viendrai vers Toi. Et dans la véritable explosion de ma résurrection, je saurai enfin que la tendresse, c'est Toi, que ma liberté c'est encore Toi.
Je viendrai vers Toi, ô mon Dieu, et Tu me donneras ton visage.
Je viendrai vers Toi avec mon rêve le plus fou t'apporter le monde dans mes bras.
Je viendrai vers Toi, et je te crierai, à pleine voix toute la vérité de la vie sur la terre.
Je te crierai mon cri qui vient du fond des âges « Père, j'ai tenté d'être un homme, et je suis ton enfant. »
En communication avec Dieu
1. Prends ton téléphone intérieur,
Pas ton portable, tu serais tenté de faire plusieurs choses en même temps.
2. Assieds-toi et décroche, Inutile de composer un numéro.
La liaison est permanente, libre et gratuite.
3. Ne parle pas sans arrêt, Sache aussi écouter Dieu.
Il a tant de secrets à te confier
4. Ne repousse pas ton appel à l'heure d'urgence.,
tu risques d'oublier de l'appeler ou de ne plus oser...
5. Une communication matin et soir, Lui fait le plus grand plaisir.
Dieu est toujours à l'écoute.
6. Dans la journée, fait lui la surprise d'un court message,
N'abrège cependant pas trop les communications. il est si heureux de t'entendre.
7. S’il a laissé un message sur ton répondeur,
Empresse-toi de le rappeler. il ne parle jamais pour ne rien dire.
Tu peux vérifie dans l'Evangile que c'est bien sa Parole
8. Si la conversation s'avère difficile ou brouillée,
Adresse-toi à l'Esprit Saint ou à Marie.
9. S'i elle est interrompue, Cela ne peut venir que de toi,
10 Et si ton appareil tombe en panne, Va trouver un prêtre.
Par le sacrement de réconciliation,
il rétablira la communication... Et c'est gratuit !.
LA SOURCE DE MOI-MÊME EST EN TOI
Quand l'amour s'introduit entre deux êtres, chacun accepte joyeusement de reconnaître à l'autre un rôle important dans la construction de lui-même. De la sorte, l'autre devient l'une des sources principales de notre être; il est en quelque sorte un peu créateur de nous-mêmes. Autrement dit, l'amour donne à chacun les clés du devenir de l'autre.
Chacun peut dire que la source de son être le meilleur n'est pas en lui mais en l'autre. Jusqu'au plaisir même qui ne vient à l'un que par le plaisir de l'autre. Chacun ne dispose plus de lui-même de la même façon ; il est excentré. « La source de moi-même est en toi »… Voilà une sorte d'aveu éprouvant : nul ne se suffit à lui-même ; il ne peut s'atteindre que par le détour de l'autre.
Jean Le Du
L'AMOUR, UNE ROUTE
L'amour n'est pas tout fait. Il se fait.
Il n'est pas robe ou costume prêt à porter, mais pièce d'étoffe à tailler, à monter et à coudre.
Il n'est pas appartement, livré clefs en main, mais maison à concevoir, bâtir, entretenir, et souvent réparer.
Il n'est pas sommet vaincu, mais départ de la vallée, escalades passionnantes, chutes dangereuses, dans le froid de la nuit ou la chaleur du soleil éclatant.
Il n'est pas un solide ancrage au port du bonheur, mais levée d'ancre et voyage en pleine mer, dans la brise ou la tempête.
Il n'est pas OUI triomphant, énorme point final qu'on écrit en musique, au milieu des sourires et des bravos, mais il est multitude de « oui » qui pointillent la vie, parmi une multitude de « non » qu'on efface en marchant.
Ainsi être fidèle, vois-tu ce n'est pas ne pas s'égarer, ne pas se battre, ne pas tomber, c'est toujours se relever et toujours marcher.
C'est vouloir poursuivre jusqu'au bout, le projet ensemble préparé et librement décidé.
C'est faire confiance à l'autre au-delà des ombres de la nuit.
C'est se soutenir mutuellement au-delà des chutes et des blessures.
C'est avoir foi en l'Amour tout-puissant, au-delà de l'amour.
Michel Quoist, prêtre
LES 10 COMMANDEMENTS DE LA RÉCONCILATION
Nous accepter nous-mêmes tels que nous sommes et avec joie.
Prendre en compte ce que nous avons reçu
plutôt que ce qui nous manque.
Remercier plutôt que de se plaindre.
Dire du bien des autres et le dire à haute voix.
Ne jamais se comparer aux autres : une telle comparaison ne conduit qu'à l'orgueil, et à la désespérance, sans rendre heureux.
Vivre dans la vérité sans craindre d'appeler bien ce qui est bien et mal ce qui est mal.
Résoudre les conflits par le dialogue et non par la force : garder en soi les rancœurs ne peut qu'enfermer dans la tristesse.
Dans ce dialogue, commencer avec ce qui rassemble, et n'aborder qu'après ce qui divise.
Faire le premier pas de la réconciliation avant le soir.
Etre persuadé que pardonner est plus important que le fait d'avoir raison.
Cardinal Danneels
Bâtissez la maison de l'Amour
Qui séparera votre amour de l'Amour du Christ ?
La morsure du temps ? L'éloignement ?
L'usure de l'habitude ? La calomnie ?
Le mensonge ? La jalousie ?
Vos échecs, vos faiblesses, le poids de vos péchés ?
Les épreuves ? La souffrance ? La maladie ? La mort ?
Non, car en tout cela vous sortirez vainqueurs par la force de l'amour du Christ Sauveur.
Bâtissez la maison de votre amour, pierre par pierre, sur le Roc du Christ.
Ne laissez pas se desceller une seule de ces pierres, car la plus petite lézarde est un risque de ruines.
Bâtissez cette maison de l'amour où habite la confiance qui ferme ses volets aux mauvais vents de la nuit et ouvre sa porte à tous ceux qui ont besoin de réchauffer leur cœur à la vive flamme de votre bonheur.
Tissez le manteau de votre amour avec les mailles de la fidélité, du pardon et de la patience, avec les mailles de la vérité, de la joie et de la souffrance.
Ne laissez pas filer la plus petite maille qui pourrait provoquer une irrémédiable déchirure.
Vous connaîtrez des heures de luttes redoutables, assaillis par des vents de tempête insaisissables.
Vous sentirez la maison de votre amour vaciller et mesurerez la fragilité et la grandeur de votre liberté.
Mais si vous savez jeter vers le ciel l'ancre de la prière pour dépasser ces épreuves inévitables, alors le mot amour prendra pour vous sa véritable signification et rien plus séparer votre amour de l’amour du christ pour l’éternité (Rm 8, 35)
Jean Debruyne
L'AMOUR EST DIFFICILE
L'amour est difficile. L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous. C'est le plus haut témoignage de nous-mêmes, l’œuvre suprême dont toutes les autres ne sont que des préparations. C'est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toute chose, ne savent pas encore aimer : ils doivent apprendre.
De toutes les forces de leur être, concentrées dans leur cœur qui bat anxieux et solitaire, ils apprennent à aimer. Tout apprentissage est un temps de clôture. Ainsi, pour celui qui aime, l'amour n'est longtemps, et jusqu'au large de la vie, que solitude, solitude toujours plus intense et plus profonde. L'amour, ce n'est pas, dès l'abord, se donner, s'unir à un autre (que serait l'union de deux êtres encore imprécis, inachevés, dépendants ?).
L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé. Dans l'amour, quand il se présente, ce n'est que l'obligation de travailler à eux-mêmes, que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s'unir ne sont pas encore pour eux. Il leur faut d'abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup : le don de soi-même est un achèvement.
Rainer Maria Rilke
LE MARIAGE, UNE CORDEE !
En haute montagne, avant de mettre le pied sur un glacier qui permettra d’atteindre un sommet, il y a toujours un arrêt indispensable. C’est le moment de chausser les crampons et de s’encorder. L’opération est importante et demande de mettre toute son attention en prenant son temps : il peut y aller de la vie de tous et de chacun.
Je suis donc lié, relié à mon compagnon de cordée; nous ne sommes plus indépendants, nous dépendons l’un de l’autre; nous sommes obligés de marcher au même rythme. Suis-je donc moins parce que nous avons à marcher ensemble, attentifs l’un à l’autre, nous attendant, nous épaulant, sachant que nous pouvons compter l’un sur l’autre ?
Liés pour les passages faciles comme pour ceux qui sont plus difficiles, ayant besoin de l’autre pour les joies à découvrir comme pour les risques à prendre, ai-je l’impression d’avoir perdu ma liberté ? Non, au contraire, encordé, je me sens pleinement libre, pouvant faire ce qui, seul, me serait impossible.
Mon équipement, loin d’être une entrave, est pour moi, possibilités nouvelles, sécurité, source de joie; il permet des audaces qui, autrement, seraient des imprudences. Je ne suis plus indépendant, mais je suis libre et je peux oser, entreprendre, réussir : je peux vivre pleinement. Associer nos libertés, en perdant notre indépendance, c’est multiplier nos chances de découvertes, c’est développer nos compétences, c’est pouvoir communier à la beauté de la haute montagne.
Jacques Doublier, prêtre
Jour après Jour
Ne vous imaginez pas que l'Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire.
Ce dont on a besoin, c'est de continuer à aimer.
Comment une lampe brille-t-elle, si ce n'est par l'apport continuel de petites gouttes d'huile ?
Qu'il n'y ait plus de gouttes d'huile, il n'y aura plus de lumière,
et l'Époux dira: je ne te connais pas.
Mes amis, que sont ces gouttes d'huile dans nos lampes ?
Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours: la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l'humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d'écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d'agir.
Voilà les véritables gouttes d'Amour qui font brûler toute une vie d'une Vive Flamme.
Ne cherchez donc pas Jésus au loin : Il n'est pas là-bas, Il est en vous.
Entretenez bien la lampe et vous le verrez.
Mère Térésa
Le Bal de l'obéissance
C'est le 14 juillet. Tout le monde va danser.
Partout, depuis des mois, des années, le monde danse.
Il y a vraiment beaucoup de bruit. Lee gens sérieux sont couchés.
Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.
Et moi je pense à l'autre roi, Au roi David qui dansait devant l'Arche.
Car s'il y a beaucoup de saintes gens qui n'aiment pas danser.
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser.
Tant ils étaient heureux de vivre : Sainte Thérèse avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras. Et saint François devant le pape.
Si nous étions contents de vous, Seigneur.
Nous ne pourrions pas résister à ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.
Car je pense que vous en avez peut-être assez Des gens qui toujours,
parlent de vous servir avec des airs de Capitaines,
De vous connaître avec des ars de professeurs,
De vous atteindre avec dos règles de sport.
Un jour où vous aviez un peu envie d'autre chose.
Vous avez inventé saint François, et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.
Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs, il ne faut pas savoir où cela mène. Il faut suivre, être allègre, être léger, et surtout ne pas être raide. Il ne faut pas vous demander d'explication sur les pas qu'il vous plait de faire. il faut être comme un prolongement Agile et vivant de vous, et recevoir par vous la transmission du rythme de l'orchestre.
Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer, mais accepter de tourner, d'aller de coté.
il faut savoir s'arrêter et glisser au lieu de marcher.
Et cela ne serait que des pas imbéciles si la musique n'en faisait une harmonie.
Mais nous oublions la musique de votre esprit, Et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique; Nous oublions que dans vos bras, elle se danse, que votre Sainte Volonté est d'une inconcevable fantaisie ! Et qu'il n'est de monotonie et d'ennui que pour les vieilles âmes
Qui font tapisserie Dans le bal joyeux de votre amour !
Seigneur venez nous inviter. Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,
Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l'on aura Sommeil. Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail, celle de la chaleur, plus tard celle du froid.
Seigneur, enseignez-nous la place que, dans ce roman éternel amorcé entre vous et nous, tient le bal singulier de notre obéissance. Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins, où ce que vous permettez jette des notes étranges dans la sérénité de ce que vous voulez.
Apprenez-nous à revêtir chaque jour Notre condition humaine comme une robe de bal, qui nous fera aimer de vous, tous ses détails comme d'indispensables bijoux.
Faites-nous vivre notre vie, non comme un jeu d'échecs où tout est calculé.
Non comme un match où tout est difficile, non comme un théorème qui nous casse la tête, mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle, comme un bal, Comme une danse. Entre les bras de votre grâce, Dans la musique universelle de l'amour. Seigneur, venez nous inviter.
Madeleine Delbrêl
Pardonner
Ceux qui pardonnent sont les guérisseurs de l’humanité
Plutôt que de ressasser l’offense ou le dommage subi,
plutôt que de rêver de revanche ou de vengeance, ils arrêtent le mal à eux-mêmes.
Pardonner c’est l’acte le plus puissant qu’il soit donné aux hommes d’accomplir,
car l’événement qui aurait pu faire grandir la brutalité dans le monde, sert, grâce au pardon à la croissance de l’amour.
Les êtres blessés qui pardonnent transforment leur propre blessure, ils guérissent là où ils sont, la violence qui défigure le visage de l’humanité depuis ses origines.
L’homme qui pardonne ressemble à jésus et rend Dieu présent.
Gérard Bessière
Je t'aime tel que tu es
Voici que je me tiens à la porte et que je frappe.
C'est vrai ! Je me tiens à la porte de ton cœur, jour et nuit.
Même quand tu ne m'écoutes pas, même quand tu doutes que ce puisse être Moi, c'est Moi qui suis là.
J'attends le moindre petit signe de réponse de ta part, le plus léger murmure d'invitation, qui me permettra d'entrer chez toi.
Je veux que tu saches que chaque fois que tu m'inviteras, je vais réellement venir.
Je serai toujours là, sans faute. Silencieux et invisible, je viens, mais avec l'infini pouvoir de mon amour.
Je viens avec ma miséricorde, avec mon désir de te pardonner, de te guérir, avec tout l'amour que j'ai pour toi ;
Un amour au-delà de toute compréhension, un amour où chaque battement du coeur est celui que j'ai reçu du Père même.
Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimé.
Je viens, assoiffé de te consoler, de te donner ma force, de te relever, de t'unir à moi, dans toutes mes blessures.
Je vais t'apporter ma lumière. Je viens écarter les ténèbres et les doutes de ton coeur. Je viens avec mon pouvoir capable de te porter toi-même et de porter tous tes fardeaux.
Je viens avec ma grâce pour toucher ton coeur et transformer ta vie.
Je viens avec ma paix, qui va apporter le calme et la sérénité à ton âme.
Je connais tout de toi. Même les cheveux de ta tête, je les ai tous comptés.
Rien de ta vie est sans importance à mes yeux.
Je connais chacun de tes problèmes, de tes besoins, des tes soucis.
Oui, je connais tous tes péchés, mais je te le redis une fois encore : Je t'aime, non pas pour ce que tu as fait, non pas pour ce que tu n'as pas fait.
Je t'aime pour toi même, pour la beauté et la dignité que mon Père t'a données en te créant à son image et à sa ressemblance.
C'est une dignité que tu as peut-être souvent oubliée, une beauté que tu as souvent ternie par le péché, mais je t'aime tel que tu es.
Faites le quand même...
Les gens sont souvent déraisonnables, illogiques et centrés sur eux-mêmes, Pardonne les quand même...
Si tu es gentil, les gens peuvent t'accuser d'être égoïste et d'avoir des arrières pensées,
Sois gentil quand même...
Si tu réussis, tu trouveras des faux amis et des vrais ennemis,
Réussis quand même...
Si tu es honnête et franc, il se peut que les gens abusent de toi,
Sois honnête et franc quand même...
Ce que tu as mis des années à construire, quelqu'un pourrait le détruire en une nuit,
Construis quand même...
Si tu trouves la sérénité et la joie, ils pourraient être jaloux,
Sois heureux quand même...
Le bien que tu fais aujourd'hui, les gens l'auront souvent oublié demain,
Fais le bien quand même...
Donne au monde le meilleur que tu as, et il se pourrait que cela ne soit jamais assez,
Donne au monde le meilleur que tu as quand même...
Tu vois, en faisant une analyse finale, c'est une histoire entre toi et Dieu, cela n'a jamais été entre eux et toi.
Mère Teresa
Aimer, prier, servir
La joie est prière, force et amour.
Dieu aime celui qui donne avec joie.
La meilleure manière de montrer notre gratitude envers Dieu et les gens
c'est d'accepter tout avec joie.
Être heureux avec lui, maintenant,
cela veut dire: aimer comme il aime,
aider comme il aide,
donner comme il donne,
servir comme il sert,
sauver comme il sauve,
être avec lui 24 heures par jour,
le toucher avec Son déguisement de misère dans les pauvres et dans ceux qui souffrent.
Un cœur joyeux est le résultat normal d'un cœur brûlant d'amour.
C'est le don de l'Esprit, une participation à la joie de Jésus vivant dans l'âme.
Gardons dans nos cœurs la joie de l'amour de Dieu et partageons cette joie de nous aimer les uns les autres comme Il aime chacun de nous.
Que Dieu nous bénisse.
Amen.
Mère Teresa
La vie est la vie
La vie est la vie
La vie est beauté, admire-la
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie et un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.
La vie est tristesse, dépasse-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur , mérite-le.
La vie est la vie, défends-la.
Mère Teresa
Jésus, ma vie, mon tout
Jésus est ma vie
La parole à dire
La Vérité à faire connaître.
Le chemin à parcourir.
La lumière à diffuser.
La Vie à vivre.
L’Amour à aimer.
La joie à répandre.
Le sacrifice à offrir.
La Paix à donner.
Le Pain de Vie à manger.
L’affamé à nourrir.
L’assoiffé à rassasier.
L’être nu à vêtir ;
Le sans-abri à loger.
Le malade à guérir.
L’isolé à aimer.
L’indésirable à accueillir.
Le lépreux pour laver ses plaies
Le mendiant pour lui sourire.
L’ivrogne à écouter.
Le malade mental à protéger.
Le tout-petit à embrasser.
L’aveugle à guider.
Le muet pour parler à sa place.
L’estropié pour marcher avec lui.
Le drogué à secourir.
La prostituée à sortir du danger et à secourir.
Le prisonnier à visiter.
Le vieillard à servir.
Pour moi : Jésus est mon Dieu.
Jésus est mon époux.
Jésus est ma vie. Jésus est mon seul amour. J
Jésus m’est indispensable.
Jésus est mon tout.
Mère Teresa
Une histoire sur St François d'Assise
Un jour François d'Assise cheminait en compagnie de frère Léon au bord d'un torrent. S'étant arrêté pour se reposer, frère Léon regardait longuement l'eau qui bondissait sur les rochers, toute blanche et exultante avec de brefs éclats d'azur.
François le regarda et vit de la tristesse sur son visage :
Tu as l'air songeur. Lui dit-il simplement.
- ah si nous pouvions avoir un peu de cette pureté. Répondit léon. Nous connaîtrions tous la joie folle et débordante de notre Sœur l’eau.
Il passait dans ces paroles une profonde nostalgie et le regard de Léon fixait mélancoliquement le torrent qui ne cessait de fuir dans sa pureté insaisissable.
Après un moment de silence. François posa à Léon cette question :
- Sais-tu frère. Ce qui est la pureté du cœur ?
- Oui, lui dit Léon Sans hésiter. c'est de ne pas avoir de fautes à se reprocher
- Alors je comprends ta tristesse, dit François, car on a toujours quelque chose à se reprocher, ne te préoccupe donc pas tant de la pureté de ton cœur. Tourne ton regard vers Dieu. admire le. réjouis-toi de ce qu’il est. Lui toute sainteté, rends-lui grâce à cause de lui même, c’est cela mon frère avoir le cœur pur.
- MAIS Dieu cependant, réclame notre effort et notre fidélité. fit observer frère Léon
- Oui, c'est vrai répondit François. mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on découvre que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s’ouvre à sa plénitude. Ne te demande pas si tu es beau aux yeux de Dieu. demande toi seulement si tu es assez conscient de tes manques pour que Dieu puisse faire de chez toi sa demeure. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé.
Si la note disait…
Si la note disait : ce n'est pas une note qui fait la musique ... il n'y aurait pas de symphonie.
Si le mot disait : ce n'est pas un mot qui peut faire une page ... il n'y aurait pas de livre.
Si la pierre disait : ce n'est pas une pierre qui peut monter un mur ... il n'y aurait pas de maison.
Si la goutte d'eau disait : ce n'est pas une goutte d'eau qui peut faire une rivière ... il n'y aurait pas d'océan.
Si le grain de blé disait : ce n'est pas un grain de blé qui peut faire un champ ... il n'y aurait pas de moisson.
Si l'homme disait : ce n'est pas un geste d'amour qui peut sauver l'humanité ...
il n'y aurait jamais de justice, de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note,
Comme le livre a besoin de chaque mot,
Comme la maison a besoin de chaque pierre,
Comme l'océan a besoin de chaque goutte d'eau,
Comme la moisson a besoin de chaque grain de blé,
L'humanité toute entière a besoin de toi,
là où tu es,
Unique et donc irremplaçable.
Testament du père Christian de Chergé : "Quand un À-Dieu s’envisage…"
S’il m’arrivait un jour – et cela pourrait être aujourd’hui-
D’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant
Tous les étrangers vivant en Algérie,
J’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille,
Se souviennent que ma vie était donnée à tous et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie
Ne saurait être étranger à ce départ brutal.
Qu’ils prient pour moi :
Comment saurais-je trouver digne d’une telle offrande ?
Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes
Laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre,
Elle n’en a pas moins non plus.
En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.
J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal
Qui semble, hélas, prévaloir dans le monde
Et même celui-là qui me frapperait aveuglément.
J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité
Qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu
Et celui de mes frères en humanité,
En même temps que de pardonner de tout coeur à qui m’aurait atteint.
Je ne saurais souhaiter une telle mort,
Il me parait important de le professer.
Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir
Que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C’est trop cher payé ce que l’on appellera, peut-être, "la grâce du martyre" que de le de voir à un algérien quel qu’il soit,
Surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam.
Je sais le mépris dont on a pu entourer les algériens pris globalement.
Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme.
Il est trop facile de se donner bonne conscience
En identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.
L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme.
Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu,
Y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Evangile
Appris aux genoux de ma mère, ma toute première Eglise,
Précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans.
Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf ou d’idéaliste :
"Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense !"
Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.
Voilà que je pourrai, s’il plait à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père,
Pour contempler avec Lui, les enfants de l’Islam
Tels qu’il les voit, tout illuminé de la Gloire du Christ,
Fruits de la Passion, investis par le don de l’Esprit,
Dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion
Et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur,
Je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière
Pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.
Dans ce MERCI, où tout est dit, désormais de ma vie
Je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui,
Et vous amis d’ici,
Aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs,
Centuple accordé comme il était promis !
Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’auras pas su ce que tu faisais.
Oui pour toi aussi, je le veux ce MERCI, et cet " à-Dieu" en-visagé de toi.
Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux,
En Paradis, s’il plait à Dieu, notre Père à tous deux. Amen
Christian de Chergé Tibhirine, décembre 1993
Un tissu qui s’élabore
La communauté est comme un tissu qui s’élabore. Un tissu dont on ne sait pas ce qu’il sera, mais qui, autour de nous et avec nous, s’élabore peu à peu, se tisse sans modèle ni dessin savant.
Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur… bleu profond ? Rouge éclatant ? ou bien le fil de lin gris ? Cette troisième couleur, au dire des tisserands, est la plus importante. Le gris neutre de tous les jours, celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant : celui qui est porteur d’harmonie.
N’avoir que ma propre couleur, et de cela me réjouir, pour qu’elle apporte la joie et non la rivalité (comme si moi bleu, j’étais l’ennemi du vert ! Comme si j’étais moi ton adversaire !) Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer avec nous dans l’ouvrage ? Irais-je les précédant, leur faire place, pour qu’ils viennent librement de leurs propres couleurs se mêler au dessin ?
Il y a une place pour tous. Et chaque fil vient apporter une continuité : non seulement ceux qui à l’origine du travail on été tendus d’un support à l’autre du métier, mais aussi chaque fil ! Un fil vient à se rompre, aussitôt le travail s’arrête et les mains patientes de tous les tisserands s’appliquent à le renouer. Chaque fil même le plus lumineux peut disparaître tissé sous les autres. Il est cependant là, non loin, même si notre œil ne le perçoit plus ; Maintenant c’est à mon tour d’être lancé à travers la chaîne.
Quand mon trait aura été tissé, alors toute l’harmonie apparaîtra, harmonie de ma nuance mêlée à toutes les autres, qui l’accompagnent jusqu’à ce qu’elle disparaisse.
Je ne sais ce qu’il adviendra de ce tissu. Le saurai-je jamais ? Mais Tu le sais, 0 Toi, ressuscité d’entre les morts.
Un tisserand de Finlande
LE CŒUR DU CŒUR
Un ange visita un jour un spéléologue prénommé Théophile. Celui-ci s’entendit faire une proposition bien particulière : visiter son propre cœur. Théophile accepta.
Il choisit de pénétrer à l’intérieur par une faille qui datait de fort longtemps. Une blessure d’enfance l’avait provoquée, et expliquait son apparente vulnérabilité. Au bout de la fissure, Théophile arriva dans une zone morcelée par des brisures. Elles étaient la conséquence de toutes les déceptions, de tous les chagrins endurés, et dont il n’avait voulu tirer aucun enseignement. Mais ces fentes avaient leur utilité : elles permettaient à l’ensemble du cœur de mieux s’oxygéner. Dans ce voisinage, certaines parties étaient desséchées, à cause de quelques manœuvres tentées pour se préserver de la souffrance. Le spéléologue, impressionné, continua son aventure.
Il traversa une zone recouverte de calcaire. C’est là que le cœur avait stocké tout ce qui l’avait inutilement encombré : tentation de richesse, de pouvoir, d’excessive sécurité, d’hypocrisie … C’est là aussi que coulaient des eaux tumultueuses, par suite d’une inondation de préoccupations inutiles.
En suivant le cours de l’eau, Théophile arriva dans la région des grottes. La première était creusée dans une roche tendre, imbibée de tout l’amour donné et reçu. Ses parois avaient des formes harmonieuses. Elles avaient été modelées par les événements, les heureux et les difficiles aussi. On y ressentait un grand sentiment de compassion, de générosité. De là, le spéléologue put passer dans la grotte aux trésors, dont les parois étaient recouvertes de pierres précieuses, aux tailles et aux couleurs multiples. Certaines brillaient de mille feux. D’autres étaient restées ignorées, recouvertes d’une poussière qui ternissait leur éclat.
Poursuivant sa prospection, Théophile arriva enfin au cœur du cœur. Et ce qu’il vécut là dépassa tout ce qu’il avait pu imaginer.
Il se trouva dans une espace baigné d’une douce lumière. Un espace dont on ne peut définir les limites. Un espace à la fois intime et infini. Profondément bouleversé, Théophile accueillit toutes sorte de sensations, d’émotions et de sentiments : Chaleur et fraîcheur, désir, joie, sérénité, enthousiasme, plénitude et communion. Car ce lieu était présence.
Théophile sut qu’il touchait là au plus grand des mystères de la vie, de l’amour. Le temps était suspendu …
Ce fut l’ange qui dut le ramener là d’où il venait. Depuis lors, Théophile poursuit sa route. Il garde bien les pieds sur terre, ou même sous terre. Mais son cœur est dans le ciel …
LA PIERRE PRECIEUSE
Deux amis se retrouvèrent après une longue séparation.
L’un s’était enrichi, l’autre était resté pauvre.
Ils mangèrent ensemble et évoquèrent leurs souvenirs communs.
Le pauvre finit par s’endormir.
Avant de le quitter, l’ami, plein de compassion, glissa dans sa poche un gros diamant d’une valeur inestimable.
Mais, au réveil, le pauvre ne trouva pas ce trésor et continua de vivre comme d’habitude.
Un an plus tard, les circonstances permirent aux deux amis de se rencontrer à nouveau.
« Alors », dit le riche à son ami toujours aussi misérable, « n’as-tu pas trouvé le trésor que j’avais placé dans ta poche ? »
Toute rencontre entre des personnes est une expérience semblable. Tout homme et toute femme avec qui nous vivons, nous offrent de précieux cadeaux. Mais la plupart du temps nous ne nous en rendons pas compte.
Vous pouvez nous soumettre des textes à : sedicom.besancon@wanadoo.fr
